Benoît Collombat

 
Benoît Collombat. Source: Wikipedia

Benoît Collombat, né en 1970, est un journaliste français de radio travaillant à la rédaction de France Inter depuis 1994 en qualité de grand reporter.

Biographie

Formation

Après des études supérieures de lettres et d'histoire à la Sorbonne, Benoît Collombat est diplômé de l'École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille.

France Inter

Benoît Collombat est grand reporteur au sein de la rédaction de France Inter depuis 1994. Il a couvert des évènements tels le tsunami en Asie, les guerres en Ulster, en Irak, les évènements en Iran, la chute de Milosevic en Serbie ou encore la révolte des réfugiés de Lampedusa et les inondations en Espagne, et effectue désormais de nombreux travaux d'investigation.

En 2003, il réalise pour France Inter une contre-enquête sur la mort de l'ancien ministre Robert Boulin, intitulée Affaire Boulin, un homme à abattre, prélude au livre du même nom qui sortira en 2007, quatre ans plus tard. Il apporte, à nouveau, des éléments inédits (témoignages et documents) sur l'affaire Boulin en . Son enquête « Affaire Boulin : ces nouveaux témoins qui parlent d'assassinat » est diffusée sur France Inter et sur franceinter.com.

En , Benoît Collombat enquête sur la disparition en Polynésie française du journaliste d’investigation Jean-Pascal Couraud, dit JPK. Son enquête « Des requins en eaux troubles - contre-enquête sur l’affaire JPK » est diffusée sur France Inter dans le magazine Interception et le site de la chaîne

En 2008, il enquête sur les rumeurs d'assassinat du premier ministre Pierre Bérégovoy. Puis sur l'affaire du "cabinet noir" d'Yves Bertrand, directeur des Renseignements généraux entre 1992 et 2004. Et sur l'affaire Ali Mécili, l’affaire Ben Barka, version algérienne. Benoît Collombat enquête également sur les paradis fiscaux, notamment auprès de Daniel Lebegue (ancien directeur général de la Banque nationale de Paris, puis de la Caisse des dépôts et consignations et président de l'ONG Transparence International France) et des juges Renaud Van Ruymbeke, Bernard Bertossa et Jean De Maillard.

En 2009, après la polémique suscitée par le livre de Pierre Péan Le monde selon K mettant notamment en cause l’activité de consultant de Bernard Kouchner au service de potentats de la « Françafrique », au Gabon et au Congo-Brazzaville, Benoît Collombat réalise l'enquête « Les affaires africaines du Docteur Kouchner » diffusée sur France Inter et sur franceinter.com où il publie pour la première fois les fameux rapports. Il apporte également de nouveaux éléments dans l'enquête sur le naufrage du Joola au Sénégal, en septembre 2002, la plus grande catastrophe maritime civile.

Reportage sur les affaires de Bolloré au Cameroun (2009)

En , il réalise un reportage en Afrique « Cameroun : l’empire noir de Vincent Bolloré » diffusé dans le cadre du magazine Interception sur France Inter. Des témoignages inédits de camerounais décrivant la face cachée des pratiques de Bolloré au Cameroun, où le groupe contrôle en grande partie le port autonome de Douala, les chemins de fer et des plantations de palmiers.

Pour ce reportage Benoît Collombat et France Inter sont attaqués en diffamation par le groupe Bolloré devant le tribunal correctionnel de Paris. Le groupe Bolloré attaque le journaliste sur l'entier de son reportage. Les audiences ont eu lieu en et , « En poursuivant en diffamation France Inter, Vincent Bolloré veut faire "un exemple" » écrit Rue 89 qui assiste aux audiences. Le le tribunal correctionnel de Paris condamne Benoît Collombat et Jean-Paul Cluzel, alors directeur de publication de France Inter, à 1 000 euros d'amende et à verser solidairement à Bolloré un euro de dommages. Benoît Collombat est condamné de « diffamation publique » envers Vincent Bolloré et Bolloré SA au motif unique de leur avoir imputé sans preuve suffisante « de ne pas respecter les engagements financiers pris lors de la concession de la Camrail ». Il est exonéré des autres points d'accusations. Le tribunal reconnait comme étant de bonne foi la description des conditions de logement « indignes » des employés de la société Socapalm ainsi que du non-respect de la sécurité minimale des employés de Socapalm. Pareillement, le tribunal reconnaît que les allégations sur l'influence du groupe Bolloré sur le clan du Président Biya ainsi que l'aide financière que ce groupe apporterait à certains relais d'opinion importants au Cameroun (dont la Fondation Chantal Biya) « relèvent du libre débat d'opinion sur un sujet d'intérêt général».

En , Benoît Collombat publie une nouvelle et retentissante enquête sur Éric de Sérigny, l’un des conseillers d’Éric Woerth, nouvel élément de l’affaire Bettencourt. Poursuivant son enquête sur l’affaire Bettencourt, il publie quelques jours après d’autres éléments sur un nouveau volet sur lequel Eric Woerth pourrait avoir à se justifier : l’affaire Wildenstein.

En mai 2019, le groupe Bolloré est condamné pour « procédure abusive » à son encontre

Autres collaborations

En 2011-2012, Benoît Collombat travaille en collaboration avec David Servenay pour Les Inrocks où ils tiennent un blog Carnets d'enquêtes.

Actuellement, il collabore avec Étienne Davodeau à une série de reportages pré-publiée dans La Revue Dessinée.

Il fait partie des membres bénévoles du comité éditorial de Disclose. Dans ce cadre, il est convoqué par la Direction générale de la Sécurité intérieure en mai 2019. Un communiqué de la Ligue des droits de l'homme (France), en date du 14 mai 2019, relaie dix-sept ONG qui dénoncent des menaces de poursuites judiciaires pesant sur les journalistes Geoffrey Livolsi et Mathias Destal, du média d’investigation Disclose, ainsi que Benoît Collombat, de la cellule investigation de Radio France, qui ont enquêté sur la présence d’armes françaises dans le conflit au Yémen et qui sont entendus par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « compromission du secret de la défense nationale » ouverte par le parquet de Paris après le dépôt d’une plainte par le ministère des Armées.

Engagements

Benoît Collombat a soutenu le journaliste Denis Robert lors de sa mise en examen dans l'affaire Clearstream en 2006, soulignant le paradoxe des poursuites contre celui qui « avait permis une meilleure compréhension des rouages de la société Clearstream » grâce à ses révélations dans le livre Clearstream, l’enquête, publié en .

Prix et distinctions

  • Lauréat de la Bourse Payot (1994) ;
  • Grand Prix du reportage Radio France en 1996 pour un reportage « Policiers et jeunes des quartiers : parole contre parole » (avec Tara Schlegel) ;
  • Prix Ondas en 2000 pour « Les Derniers des Justes » ;
  • Prix franco-allemand du Journalisme en 2000 pour « Allemagne, le mur dans les têtes » ;
  • Grand Prix du reportage Radio France en 2002 pour un reportage consacré aux condamnés à perpétuité « En prison avec les longues peines » ;
  • Premier prix de la Fondation Varenne, pour son reportage « Les naufragés de Calais » diffusé le 24 mars 2006[réf. souhaitée] ;
  • Prix Goretta en 2006, pour un reportage pour le magazine "Interception" consacré à la fin de vie, intitulé « Je vous tire ma révérence » ;
  • Prix international de l'enquête 2008 du CFJ (Centre de formation des journalistes), catégorie radio, pour l’enquête sur l'affaire JPK « Des requins en eaux troubles ».
  • Prix du public Cultura au festival d'Angoulême 2016 pour Cher pays de notre enfance (avec Étienne Davodeau)
  • Finaliste Prix de la BD Fnac 2016 pour Cher pays de notre enfance (avec Étienne Davodeau)

Ouvrages

  • Benoît Collombat, Un homme à abattre : Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin, Paris, éditions Fayard, , 506 p. (ISBN 9782213631042)
  • Benoît Collombat, Un homme disparaît : l'affaire JPK - 15 décembre 1997, éditions Nicolas Eybalin, 2013 (ISBN 9782367400426)
  • Benoît Collombat, David Servenay, Frédéric Charpier, Martine Orange, Erwan Seznec, Histoire secrète du Patronat de 1945 à nos jours, Paris, éditions La Découverte, coll. « Cahiers libres », , 687 p. (ISBN 978-2707157645)
  • Benoît Collombat, David Servenay, La Fédé : comment les socialistes ont perdu le Nord,  publié au Seuil en 2012
  • Benoît Collombat, David Servenay, Au nom de la France, guerres secrètes au Rwanda, La Découverte, 2014
  • Benoît Collombat, coécrit et dessiné par Étienne Davodeau Cher pays de notre enfance : Enquête sur les années de plomb de la Ve République, éditions Futuropolis, 8 octobre 2015, 218 p. (ISBN 9782754810852)

Notes et références

Lien externe

  • Benoît Collombat sur le site officiel de France Inter
  • Portail de la radio

Licence Creative Commons Ce contenu est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 3.0

Source : Article Benoît Collombat de Wikipédia

Contributeurs : voir la liste

Termes associés

Auteurs associés

Livres

Afficher ""Au nom de la France""