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Raymond Devos

 
Raymond Devos. Source: Wikipedia

Raymond Devos (prononcer /dəvos/ ), né le à Mouscron en Belgique et mort le à Saint-Rémy-lès-Chevreuse dans les Yvelines, est un humoriste franco-belge.

Il est resté célèbre pour ses jeux de mots, ses qualités de mime, son goût pour les paradoxes cocasses, le non-sens et la dérision.

Biographie

Enfance

Fils de Louis Devos, industriel dans le domaine du textile à Tourcoing, ruiné, devenu expert-comptable à Paris, et d'Agnès Martin, mère au foyer originaire de la région de Vitré, Raymond Devos est natif de Mouscron en Belgique et de nationalité française. Le couple Devos eut d’abord six garçons, dont un meurt en bas âge. Leur septième enfant est une fille. Les parents choisissent Mouscron pour y faire naître Raymond. Il voit le jour dans le château des Tourelles, un élégant château blanc, propriété paternelle.

La famille quitte la Belgique en 1924 pour des raisons fiscales, revend le château des Tourelles à la famille Menet-Devianne et s’installe de l’autre côté de la frontière, à Tourcoing, revenant souvent en Belgique depuis cette localité de France, située à cinq kilomètres de sa ville natale.

Raymond Devos hérite de sa mère sa sensibilité artistique : adepte des jeux de mots, elle jouait du violon et de la mandoline. Il se met en tête de retrouver ce château natal dont lui a souvent parlé sa mère. Dans son souvenir, c’était un château immense. Il commence par ce que Mouscron avait de plus imposant : le château des Comtes, dont la façade ne lui rappelle rien. Quelqu'un lui suggère d’aller voir le château des Tourelles où il se sent chez lui. Aujourd'hui, la salle principale du centre culturel Marius-Staquet de Mouscron porte son nom ainsi qu'une école primaire du quartier qui l'a vu naître, le Mont-à-Leux.

Formation et débuts

Tout jeune encore, Raymond Devos découvre son don pour raconter des histoires et captiver son auditoire. Élève à l’Institution libre du Sacré-Cœur à Tourcoing, il doit arrêter ses études à treize ans à cause des graves problèmes financiers que connaît sa famille, sans pouvoir assouvir sa soif de connaissances. Cela restera comme son plus grand regret et lui donnera cette posture d’éternel étudiant, fasciné par le savoir.

C’est donc par lui-même qu’il parfait sa culture et sa maîtrise de la langue française et de la musique. Son univers familial le prédispose à jongler avec la musique. Son père joue de l’orgue et du piano, sa mère du violon et de la mandoline, son oncle de la clarinette. Il apprendra lui-même des instruments aussi divers que la clarinette, le piano, la harpe, la guitare, le concertina, la trompette, la scie musicale…

La faillite de l’entreprise de son père les contraint d’aller en banlieue parisienne, où sa famille vivra dans des conditions difficiles. Avec toute sa volonté et son acharnement à devenir artiste, il observe avec ravissement les spectacles de rue, comme ceux des forains, place de la Bastille : « Ils retiraient le cadenas qui enchaînait leur matériel à longueur d’année et ils sortaient le tapis, le poids, les instruments pour haranguer la foule : "Attention mesdames et messieurs, le spectacle va commencer." »

En attendant d’être artiste, il exerce différents métiers, notamment : coursier en triporteur, libraire, crémier aux Halles, où il doit mirer les œufs… Mais à l'approche de la guerre, Raymond Devos est requis par le Service du travail obligatoire (STO). Il garde le moral en proposant des spectacles à ses compagnons d’infortune grâce aux instruments de fortune qu’il a pu emporter avec lui. « Lorsque j’ai été déporté du travail en Allemagne, je côtoyais quotidiennement des hommes de nationalités différentes. Avec des rudiments de langue allemande, on tentait de se faire comprendre. Mais il y avait aussi les gestes, une attitude, un regard qui ajoutaient aux efforts relationnels. » Il enrichit ainsi son bagage d’une nouvelle expérience, celle de mime, qu’il va parfaire à l’école d’Étienne Decroux, où il rencontre Marcel Marceau.

Il prend ensuite des cours de théâtre auprès de Tania Balachova et d’Henri Rollan, dont le cours d’art dramatique se tient au Théâtre du Vieux-Colombier. Il joue dans Le Médecin malgré lui et Knock. Pensionnaire de la compagnie Jacques Fabbri, on le voit dans La vertu en danger, Les Hussards, Les fantômes, La famille d’Arlequin.

Carrière

En 1948, Raymond Devos monte un numéro burlesque « les trois cousins », avec André Gille et Georges Denis. Les trois partenaires se produisent au club Le Vieux Colombier (club de jazz, distinct du théâtre du Vieux-Colombier) et à la Rose Rouge. Un duo avec Robert Verbeke succède ensuite au trio : « Les pinsons » se produisent à l’ABC et aux Trois-Baudets en chantant des parodies comiques de chansons de cow-boy.

Mais c’est au hasard d’une tournée théâtrale des villes-casinos avec la compagnie de Jacques Fabbri, à Biarritz, qu’il découvre l’absurde et le comique de situation. Interrogeant un maître d’hôtel, « Je voudrais voir la mer », il se voit répondre « Vous n’y pensez pas, elle est démontée ». « Quand la remontera-t-on ? » insiste-t-il. « C’est une question de temps »… Ces quatre répliques lui donnent la matière à un sketch, La mer, puis bientôt à un autre, Le car pour Caen.

C’est au cabaret « Le Cheval d’Or », d’abord, puis à l'Écluse et aux « Trois-baudets » qu’il teste ses premiers sketchs et le personnage qui allait, au fil du temps, impressionner le public. Remarqué par Maurice Chevalier, il passera en première partie de son spectacle à l’Alhambra et y gagne la consécration. Son sketch Le plaisir des sens le rend célèbre : « Mais dis-moi laitier, ton lait va tourner ! », apostrophe auquel le laitier en question, pris sur un rond-point ne donnant que sur des sens interdits, répond par « T’en fais pas, je fais mon beurre ».

Accompagné d'un fidèle pianiste et partenaire, Jean-Michel Thierry puis Hervé Guido, Raymond Devos multiplie dès lors les apparitions dans les salles de spectacles et bientôt les plus grandes (Bobino, l'Olympia) se l’arrachent. Son spectacle s’enrichit sans cesse : mime, comédien, musicien, jongleur, équilibriste sur monocycle, prestidigitateur… Il jongle aussi bien avec des petites balles qu’avec des boules de cinq kilogrammes. Ses prouesses physiques sur scène suscitent l’étonnement puis le rire, en regard de sa silhouette rebondie, avec son pantalon retenu sous le ventre par des bretelles. Raymond Devos triomphera par la suite sur le petit écran, dans Italiques face à Georges Mathieu pour la présentation du film La raison du plus fou de François Reichenbach et sera régulièrement invité par Jacques Chancel dans son Grand Échiquier, avec notamment une émission où Georges Brassens improvise Les copains d'abord avec Lino Ventura, Raymond Devos et les Compagnons de la Chanson.

Très différent d’un Coluche malgré une référence commune au clown, contemporain de Fernand Raynaud, qui partage avec lui sa passion du mime, l’humour de Raymond Devos frise souvent la métaphysique (Friedrich Nietzsche), voire la mathématique fondamentale, comme lorsqu'il explique que « Si on peut trouver moins que rien, c'est que rien vaut déjà quelque chose » ou que « Pour trois fois rien, on peut déjà acheter quelque chose ».

Beaucoup[Qui ?] le considèrent comme un génie des mots, un poète hurluberlu et étonnant. Ses références littéraires sont Gaston Bachelard et Marcel Aymé. Ses inspirateurs et modèles sont Tristan Bernard, Alphonse Allais, Alfred Jarry, Boris Vian avec lequel Devos a travaillé, Raymond Queneau. Sans oublier Charlie Chaplin, Jacques Tati, Pierre Etaix et les grands clowns comme les légendaires Foottit et Chocolat, Grock, les Fratellini ou Pipo.

Vie privée et fin de vie

Raymond Devos s’est marié le avec Simone Beguin, morte en 1999. Le couple n’a pas eu d’enfants.

Victime d’une attaque cérébrale en , de nouveau hospitalisé en pour la même raison à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, il meurt chez lui, dans la matinée du des suites d’une crise d’œdème aigu du poumon, entouré de sa sœur Cécile, de son neveu Jean-Louis, et de son secrétaire particulier Pierre Herran. Ses funérailles ont lieu le 19 juin en l’église de Saint-Rémy-lès-Chevreuse (commune où résidait l'humoriste depuis 1963), en présence de nombreuses personnalités, au premier rang desquelles le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres.

L'hospitalisation et la succession de Devos donnent lieu à une bataille judiciaire entre la famille de l'humoriste et Marie-Christine Roger alias Samantha Lemonnier. Installée en octobre 2005 au domicile de l'artiste de Saint-Rémy-lès-Chevreuse après qu'il a fait une chute dans sa salle de bains, elle prend en charge la santé du malade et écarte l'entourage qui pourrait s'immiscer entre l'humoriste et elle. Elle prétend être sa dernière compagne mais est qualifiée par les experts judiciaires de théâtrale, mythomane voire affabulatrice et est condamnée en 2009 pour usurpation du titre de docteur en médecine.

Raymond Devos : Français ou Belge ?

« Devos » en néerlandais signifie « le renard ». Mais Raymond Devos est d’origine française, en témoigne son père né à Tourcoing en 1887, son grand-père Charles (administrateur de La Libre Parole) né à Bousbecque en 1841 et sa mère bretonne de Vitré, tous français.

À sa naissance à Mouscron en Belgique, à deux pas de la frontière avec la France, son père le déclare à la maison communale de cette ville où ses parents avaient alors une propriété, le château de Tourelles. Mais son père omet de l'inscrire également au consulat de France. Malgré des papiers d’identité en bonne et due forme, sa situation de fond ne fut jamais régularisée. En 2002, interrogeant à ce sujet le service chargé des Français nés à l'étranger à Nantes, il se vit répondre : « Il n’y a pas de M. Devos sur nos tablettes… »[réf. nécessaire].

L'humoriste traduira cette ambiguïté avec sa verve coutumière : « Je suis né avec un pied en Belgique et un pied en France, c’est pour cela que je marche les pieds écartés.

Spectacles

Liste des sketchs

Par ordre alphabétique

Théâtre

Publications

Recueils de sketches

Romans

  • 2002 : Les Quarantièmes délirants, Le Cherche-Midi Éditeur (ainsi qu’en Livre de poche (ISBN 2-253-15574-8))
  • 2003 : Une chenille nommée Vanessa, Le Cherche-Midi Éditeur (avec des dessins de Yves Saint Laurent)
  • 2005 : Sans titre de noblesse, Le Cherche-Midi Éditeur

Filmographie

Cinéma

Télévision

Chansons

Distinctions

Récompenses

  • Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros (1975)
  • Grand Prix du Théâtre de l’Académie Française (1986)
  • Trophée de l’humour, au Québec (1987)
  • Prix Lumière (premier lauréat du prix récompensant les personnalités du Nord) (1987)
  • Molière du meilleur one-man-show (1989)
  • Prix du Brigadier (1994) pour son spectacle à l’Olympia et l’ensemble de sa carrière.
  • Molière d’honneur (2000)
  • Grand Prix de l’humour de la SACEM (2001).

Décorations

  • Officier de la Légion d'honneur (1987), puis Commandeur de la Légion d'honneur.
  • Reconnaissance du Mérite artistique, Québec (1996)
  • Chevalier de l’Ordre de Léopold (2000)
  • Ordre national du Mérite

Musée Raymond-Devos

La Fondation Raymond-Devos a reconstitué l'univers de l'artiste dans sa maison de Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines) qui devient un musée ouvert au grand public le 16 novembre 2016.

Hommages

En hommage à Raymond Devos, le sculpteur Daniel Druet réalise une série de portraits en bronze de l'humoriste intitulée « Vers l'éclat ».

En 2003, le ministère de la Culture et de la Communication français crée le prix Raymond-Devos, destiné à récompenser un travail d’excellence autour de la langue française. Ce prix a récompensé Mohamed Fellag (2003), Jean-Loup Dabadie (2004), les Frères Taloche (2005), Pierre Palmade (2006), François Rollin (2010), Vincent Roca (2011), et Guillaume Gallienne (2012).

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

  • Michèle Nevert, Devos, à double titre, Presses universitaires de France, 1994.
  • Jean Dufour, Raymond Devos, funambule des mots, L'Archipel, 2005.

Article connexe

  • Prix Raymond-Devos ;
  • Musée Raymond Devos.

Vidéos

  • Dossier Devos sur ina.fr (ainsi que vidéos)
  • Devos et l'absurde, document vidéo de la Radio télévision suisse, daté de 1974.

Liens externes

  • RaymondDevos.com
  • Fondation Raymond Devos
  • Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Encyclopædia Universalis • Gran Enciclopèdia Catalana • Who's Who in France
  • Ressources relatives à l'audiovisuel :
    • Unifrance
    • (en) Internet Movie Database
  • Ressources relatives au spectacle :
    • Les Archives du spectacle
    • Kunstenpunt
  • Portail de l’humour
  • Portail des arts du spectacle
  • Portail de la France

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Source : Article Raymond Devos de Wikipédia

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